« Ils te demandent d’emballer 140 colis, chaque heure. Tu te rends compte ? Quand tu es au ‘‘packing’’, tu vas avec ta cagette, tu récupères les colis que tu dois emballer, tu scotches, tu mets l’étiquette, tu la colles, et tu recommences. Et tu fais ça de 5h30 à 14h30, sans lumière extérieure, ils te confisquent ton téléphone, tu n’as plus aucune notion du temps. On est les nouveaux ouvriers à la chaîne... » Assane (son prénom a été modifié) me raconte ça d’un ton calme, posé. Il enchaîne par une blague sur la circulation, monte le volume dans l’habitacle. Landy, Médusa, du bon son. Les basses percutent. On est dans un BlaBlaCar pour Niort où je vais retrouver des potes, et Assane conduit. Lui vient d’Amiens, et a fait un crochet par Orly pour récupérer une passagère, Lucie.
« Ils voulaient retourner toute la voiture, déchirer les sièges… »
« Devant l’aéroport, une dame pensait que j’étais un Uber clandestin. Elle m’a désigné. Je me suis fait contrôler par la police... Le racisme, je le ressens davantage quand je viens ici, sur Paris, dans les regards, qu’à Amiens. Par contre, une fois, je me suis fait contrôler avec ma mère, les douaniers voulaient retourner toute la voiture, déchirer les sièges, heureusement un gendarme les a calmés... » Pour les cinq heures restantes jusqu’à Niort, je ne devrais pas trop m’ennuyer, je le sens. C’est le début du



