« Je viens ici pour être en forme. Après tu te sens mieux, tu te sens en capacité de faire plus de choses. Je recherche un côté esthétique, mais c'est pas forcément pour les autres, c’est pour moi, surtout... » En rentrant chez moi je traversais le parc Saint-Pierre, pas loin du canard, à Amiens. Au détour d’un chemin, je tombe sur tout un groupe qui se partage les ateliers de musculation en plein air, enchaîne des tractions sur un ensemble de barres métalliques face à la Somme, près d’un pont. Principalement des hommes : certains ont des écouteurs aux oreilles, et travaillent silencieusement, d'autres discutent, semblent se donner des conseils.
Je souris, intérieurement : un peu plus tôt, on parlait, à la rédac, de la saillie de cette journaliste du Figaro qui estimait que « les salles de sports qui se multiplient dans toutes les villes françaises cultivent une nostalgie de l'usine. C'est étonnant, on a perdu cet effort physique au travail, mais les gens le recréent dans les salles de sports. » Anne de Guigné, elle s’appelle. Bon, elle ne doit pas rencontrer les mêmes gens que nous en reportage, on s’était dit, les AVS, les caristes, les ouvriers, les femmes de ménage, parce que « l’effort physique au travail », ils voient bien ce que c’est, eux.
Moi, de la musculation, j’en ai jamais trop fait. Je me demande ce qui les pousse, du coup.
Je m’approche d’un jeune, l’air faussement naïf : « Dis, t’



