« Je me dis qu'on va commencer par retirer le 1er Mai, puis après on va peut-être augmenter le temps de travail, puis enlever les cotisations sociales… C'est dangereux. » Le jour se lève tôt en gare d'Amiens, il est à peine six heures et déjà les voyageurs et voyageuses fourmillent. Moi, je viens tout juste de déposer ma copine, qui repart dans le Sud. Tant qu’à être là, autant bosser : on voulait voir si les gens avaient vraiment à ce point envie de bosser le 1er Mai… je me pose sur l'un des sièges du hall, en cherchant une prise pour mon ordinateur.
Un homme s'arrête devant le grand écran, attendant de voir son quai s'afficher. Je vais à sa rencontre, du coup, il est le seul à ne pas marcher vite. Est-ce qu’il bossera le 1er Mai, lui ? « Non… Je ne fais rien ce jour-là, par principe, je ne travaille pas, et je n'achète rien dans les magasins. C'est un jour de repos, que je passe en famille. »
Il s'appelle Freddy, et il a 57 ans. Comme ça, je le trouve plutôt bien habillé. « Je suis cadre exécutif autonome dans la communication, et j'ai un emploi du temps plutôt flexible. Je sais que tout ce que je peux faire le 1er, je peux aussi le faire le 2. Du coup, par principe, je ne le fais pas le 1er Mai. » Il file prendre son train : « ça reste un jour chômé, et ça le restera. »
« Un jour de congé obtenu par la révolte sociale ! »
Plus loin, je tombe sur Daniel, 19 ans, étudiant. Ça fait bien un quart



