« Voilà, ici j’ai 300 tonnes de pommes de terre invendues. Et encore, il me reste d’autres caisses dans les autres bâtiments. » Malgré sa nature optimiste et son sourire aux lèvres, Rémi camoufle un immense sentiment d’amertume. En tout, ce sont près de 1000 tonnes de patates qui finiront à la poubelle et une perte de 500 000 euros qui traumatisent le cultivateur.
Nous sommes à Vraignes-en-Vermandois, dans la Somme. Rémi avait publié un message sur les réseaux, quelques jours plus tôt. Il paraît tout petit à côté des bacs empilés les uns sur les autres. La fraîcheur de ce gigantesque hangar qui sert de frigo contraste avec la chaleur étouffante de l’extérieur. Mais pas le choix, il faut retourner dehors : nos lèvres commencent à bleuir.
Forcément ça empêche de dormir
Fakir : « Ça te stresse beaucoup, apparemment, cette situation ?
Rémi : Ben oui. C’est l'exploitation familiale qui est en péril. C’est ce qui nous a été légué par nos parents et nos grands-parents. Aujourd’hui on se demande si on va tenir. Forcément ça empêche de dormir. »
Rémi et son cousin Christophe avaient publié un message, en invitant les gens sur leur exploitation agricole : « Don de pommes de terre ! » On s’est demandé ce qui pouvait bien pousser un agriculteur à faire don du fruit de son labeur…
Rémi m’a donné rendez-vous à 8h00 pétantes à Vraignes, dans l'est de la Somme. Sur le bord de la route, plusie



