« À chaque fois on tape sur les gens qui bossent. Moi, j’ai jamais arrêté de travailler, j’avais pas le choix. » Je l’ai énervé, Pascal. En vacances depuis une semaine, il a du mal à se détendre, même en bermuda et tee-shirt, à moitié allongé sur l’herbe du parc Saint-Pierre, à Amiens. Il a pas encore 60 ans, et l’air vraiment sympa (quand il n’est pas énervé en tout cas). « Lundi prochain, c’est retour au travail, mais le 10 septembre, ça c’est sûr, je suis en grève et je manifeste ! » Ça fait sept ans qu’il travaille comme technicien de maintenance dans la zone industrielle à Amiens, chez Friedlander.
Ses mains sont larges comme des planches. « J’ai jamais vraiment aimé la politique, c’est la première fois que je ferai grève. J’en ai ras-le-bol, c’est toujours sur les mêmes qu’on tire la ficelle. Bayrou parle de la dette comme si elle allait nous tuer. Elle ne date pas d’hier, y a bien longtemps que ça dure… Alors oui, tout le monde doit faire un effort, mais si on regardait davantage ceux de là-haut ? Tous leurs privilèges, leur train de vie, leurs chauffeurs privés ? »
Le soleil tape, dans le ciel, et la colère gronde, sur l’herbe. Je relance.
« Apparemment, enfin c’est Bayrou qui le dit, hein, pas moi, la solution serait de supprimer deux jours fériés…
- Des gens se sont battus pour nos droits, pour ces jours fériés. On ne peut pas bafouer ça. Si on ne trouve pas de vrai



