Fakir : Pourquoi avoir écrit ce livre ?
Bernard Pudal : Je suis très inquiet, comme citoyen, de la montée du RN qui s’affirmait déjà au moment où nous commencions. Avec Patrick Lehingue [NDLR : lui aussi professeur émérite de science politique], on a mis sept ans à écrire ce livre. Il nous a demandé beaucoup plus de travail que prévu. Notre « job », soyons clair, n’est pas un travail militant, c’est important de le préciser : c’est un travail scientifique avec beaucoup de ressources mobilisées, mais qu’on espère utile pour ceux qui veulent lutter contre le RN.
Fakir : Pourquoi cette inquiétude ?
Bernard Pudal : Ce qui se passe depuis sept ans ne fait que confirmer l’inquiétude civique qui était la nôtre au début du projet : Trump, Mileï, Orban, la montée de l’extrême droite, c’est une lame de fond internationale. Et en Europe occidentale, contrairement au mythe d’une France antifasciste, nous sommes le seul pays dans lequel une formation d’extrême droite parvient à rassembler, sans interruption depuis 1984, au moins un électeur sur dix, souvent beaucoup plus. Il suffit d’ouvrir les yeux pour voir leur progression.
« Une grande partie des professionnels de la politique, des intellectuels, des journalistes ont un rapport très éloigné avec les mondes populaires. »
Fakir : Dans le livre, vous établissez quatre grandes familles de cause



