« Ici on cultive des pastèques, des fruits du dragon, des papayes. On a aussi des élevages bovins et caprins. » Je m’y voyais déjà, en Guyane. Le tableau que me dressait Benoît au téléphone donnait des envies de voyage. Mais le rédac’ chef avait juste éclaté de rire quand je lui avais parlé des prix des billets d’avion… Mais Benoît m’a lui aussi rapidement remis les pieds sur terre. « Il y a un projet de ‘‘stockage de déchets non dangereux’’ sur nos terres. En plein milieu de nos exploitations ! On n’en veut pas, nous. Nos produits en pâtiront, et plus aucun agriculteur ne voudra s’installer sur la zone. Ça fait pas rêver, les déchets. »
Benoît, c’est un éleveur de chèvres et de brebis sur le secteur de Wayabo, commune de Kourou, en Guyane. Depuis 2017, lui et une vingtaine d’autres agriculteurs du coin se battent contre l’installation d’une décharge en plein milieu de leurs terres agricoles. Le projet prévoit d’accueillir 108 000 tonnes de déchets ménagers par an sur une superficie d’environ 36 hectares. « Le groupe privé à l’origine du projet sacrifie tous nos efforts à valoriser ces terres », soupire Benoît, le porte-parole de l’association kouroucienne des agriculteurs de Wayabo (Akaw). « On s’est installé en 2005 avec ma compagne pour faire de l’élevage. À l’époque, le territoire avait été aménagé par l’État pour l’agriculture. On fait partie de la pre



