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Journal fâché avec tout le monde. Ou presque.

«Ça fait péter les plombs aux gens: on vit dans la peur…»

À Caen, dans un bistrot de quartier, on est tombé sur Yannick, graphiste indépendant un peu désabusé. Parce que l’emprise du numérique et de l’instantané sur nos vies, ça le bouffe…

Publié le 22 janvier 2026

« Au moindre truc ça part en cacahuète… » Sur le marché du mardi matin à Caen, il n'y a pas grand monde, en ce début janvier. À cause du froid, sûrement. Je me retranche dans le petit bistrot d'en face. Au comptoir, un gars, la cinquantaine, l'air mal réveillé, enchaîne les expressos et les jeux à gratter.

Fakir : « C'est pas vraiment votre jour de chance, on dirait... »
Il s’appelle Yannick, mon joueur.

Yannick : « Oh, je joue juste pour passer le temps, pas pour devenir riche, même si ça m'arrangerait bien, en ce moment…
Fakir : Je crois qu'on est nombreux dans ce cas. Vous travaillez pas, ce matin ?

Yannick : Non, j'ai pas trop de boulot cette semaine, et ça fait plusieurs mois que ça dure...
Fakir : Vous faites quoi comme métier ?

Yannick : Graphiste indépendant. Ça fait dix-sept ans que je suis à mon compte, après douze années en agence. Et là, depuis un ou deux ans, c'est vraiment compliqué. On est en train de se faire bouffer par l'IA, l’intelligence artificielle, on a une concurrence qui pète complètement le marché. Tous mes potes graphistes de ma génération galèrent, y en n’a pas un qui est pété de commandes, c'est vraiment généralisé.

Fakir : C'étaient qui vos clients, avant ?
Yannick : Je bossais surtout pour des institutions, mais y a eu des changements de direction. Maintenant, soit ils préfèrent faire bosser leurs potes,

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