« J’aime mon pays. Je suis pour la concorde nationale. Mais je pense qu’en France, on est quand même les champions du monde des taxes. » Rodolphe Saadé, patron du géant du fret maritime CMA CGM, n’est pas dépourvu d’un certain culot, et c’est à ça, aussi, qu’on le reconnaît. Auditionné par l’Assemblée nationale, la sixième fortune du pays ose donc se plaindre d’être trop taxée. Prenons les chiffres. Juste après le Covid, grâce à la flambée des revenus du transport maritime, la fortune du bonhomme passe de 6 milliards d’euros en 2021 à 36 milliards en 2022 (classements Challenges). Soit 30 milliards d’euros supplémentaires, en un an ! Une fortune qui n’est pas partie de rien : Rodolphe est le fils de Jacques Saadé, fondateur de l’empire familial que l’héritier rejoint à seulement 24 ans, en 1994. Rodolphe Saadé n’est pas un « self made man », mais bien fils à papa, comme 80 % des milliardaires français (selon le Financial Times). Sur cette fortune, sur ses bénéfices records, combien d’impôts pour sa société de frêt ? Moins de 2 %, seulement, grâce à deux niches fiscales très particulières. Quand votre vendeur de légumes ou que la PME au bout de votre rue paient eux 25 % d’impôt sur les sociétés...
5,7 milliards offerts par l’État à CMA CGM : la poule aux œufs d’or de Saadé.
Comment est-ce possible ? Grâce à un tour de magie, véritable poule aux œufs d’or, une niche fi



