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Dîner secret entre Marine Le Pen et Bernard Arnault : quand la collaboration s’accélère.

Ce mardi 7 avril 2026, Marine Le Pen, la cheffe de file du RN, rencontrait pour la première fois Bernard Arnault (PDG de LVMH), Patrick Pouyanné (PDG de TotalEnergies) et plusieurs autres grands patrons français, au cours d’un dîner qui aurait dû rester secret. Un pas de plus dans la collaboration entre extrême argent et extrême droite.

Publié le 9 avril 2026

Imaginez la scène : dans un chic restaurant du IIe arrondissement de Paris, au premier étage, à l’abri des regards, une grande tablée. Les convives ? Bernard Arnault, PDG de LVMH (fortune estimée : 154 milliards de dollars), Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies (un milliard d’euros de profit pour le seul mois de mars), Cyrille Bolloré (fils de Vincent Bolloré, PDG du groupe Bolloré), Catherine MacGregor (PDG du groupe Engie), Sébastien Bazin (PDG du groupe hôtelier Accor, proche de Nicolas Sarkozy), Jean-Dominique Senard (président de Renault), Henri de Castries (ancien PDG d’Axa), Paul Hermelin (ancien PDG de Capgemini, organisateur du dîner) et… Marine Le Pen.

Le dîner se voulait discret, et ne figurait sur aucun agenda public. C’est raté : il a été révélé par Le Nouvel Obs. C’est la première fois que la cheffe de fil du Rassemblement national rencontre Bernard Arnault, celui qu’elle présentait pourtant en 2012 comme un « très mauvais exemple ». Mais le vernis populaire craque de partout, désormais : loin, très loin de sa critique du « système », Marine Le Pen accélère son opération séduction des milieux financiers et des grandes fortunes. Un exemple de ce qu’on vous raconte depuis longtemps dans ces colonnes : l’alliance de l’extrême droite et de l’extrême argent. Avec une courroie de transmission privilégiée entre le RN et le capital, présente aux côtés de Marine Le Pen lors du dîner de ce mardi 7 avril : François Durvye. Le bras droit du milliardaire d’extrême droite Pierre Edouard Stérin, numéro deux d’Otium Capital, préparait déjà Marine Le Pen au débat de l’entre deux tours de la présidentielle 2022 dans son château en Normandie. Il est devenu officiellement conseiller économique du RN et œuvre à ce rapprochement accéléré en vue de 2027. L’objectif : rassurer les milieux financiers et les grands patrons que le RN ne sera pas un obstacle pour leurs affaires, et qu’ils pourront (et leurs médias avec eux) se ranger du côté de l’extrême-droite l’esprit tranquille.

« C’est un mouvement de bascule des deux côtés : le RN tient de plus en plus le discours attendu par les milieux financiers, et ceux-ci dédiabolisent le RN en retour, rendent le RN de plus en plus respectable. Même si le fond de sauce raciste du RN n’a pas changé, les médias du capital lui ont permis de se dédiaboliser. Et le RN montre patte blanche en échange : abandon de toutes mesures de redistribution [NDLR : abandon de la retraite à 60 ans, de la hausse du SMIC, de l’ISF, etc. Lire notre article sur l’arnaque sociale du RN]opposition à la taxe Zucman, avec un discours de plus en plus pro patronal. » C’est ce que nous racontait il y a plusieurs mois déjà Laurent Mauduit, auteur de l’enquête Collaborations, enquête sur l’extrême droite et les milieux d’affaires (La Découverte, 2025). En somme, le RN rassure le capital, promet de défendre ses intérêts une fois au pouvoir, et en retour, ses médias dédiabolisent le RN et diabolisent la gauche.

On l’entend en reportage, aux quatre coins du pays, encore pas plus tard qu’hier, en Loire-Atlantique, dans un quartier populaire : « Marine et Jordan défendent les petits, ceux qui bossent ! » Alors, on ne le répétera jamais assez : c’est faux. Le RN défend le capital, ses amis milliardaires choyés dans de chics restos parisiens, pas les travailleuses et les travailleurs. Le RN, ou l’arnaque sociale du siècle.

Pour aller plus loin : voir notre Tchio Fakir sur le sujet en accès libre.

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