« Il est sociopathe. Au sens neutre du terme : ce n’est pas un tueur en série, mais c’est quelqu’un qui a une émotion froide, pas d’empathie, pas dans l’affect, dans les chiffres. » Un seul ancien collaborateur de Pierre-Édouard Stérin a accepté de témoigner, à visage couvert, au micro de Cash Investigation. Il enfonce le clou : « Je pense que ça ne le dérangerait pas, pour créer de la valeur, de licencier tout le monde. » Adrien Schwyter, rédacteur en chef adjoint de Challenges, qui a également côtoyé le milliardaire, confirme : « Tout est affaire de chiffres : les gens qu’il rencontre, même ses enfants, sa femme, il les note. » Stérin note tout le monde, lui-même compris, de un à dix. « Il considère que les politiques ne sont pas au niveau. Il se dit : si j’investis de l’argent, j’aurai un gain important car ils auront des chances de devenir président de la République ».
Mais qui est Stérin ?
Un héritier.
Le mythe du « self-made man » a la dent dure. Stérin lui-même s’en revendique. Peu importe que, dans les faits, 80 % des milliardaires français soient des héritiers (source : Financial Times). La « méritocratie » en prend un vilain coup. Pierre-Édouard n’échappe pas à la règle : non, il ne s’est pas fait tout seul. Un père expert-comptable, une mère employée dans une banque, on fait pire capit



