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Journal fâché avec tout le monde. Ou presque.

«En tant qu’étranger, je dois me tenir à carreau.»

En vadrouille du côté de Chartres, je fais un bout de trajet avec Gérald, un jeune cuistot ivoirien. Qui m’a donné une vraie leçon de devoir d’exemplarité en tant que résident étranger…

Publié le 4 mars 2026

« Je ne monte jamais dans le bus sans ticket, je fais toujours les choses dans les règles. En tant qu'étranger en France, je dois me tenir à carreau si je veux garder ma carte de séjour. » De retour de Chartres, début février, je fais monter Gérald, la vingtaine, qui a réservé son trajet avec moi sur une plateforme de covoiturage. Il m'avait envoyé quelques signaux avant-coureurs sur sa nature sérieuse, rigoureuse même, pour un garçon de son âge : un message reçu peu après la réservation pour me demander le lieu et l'heure exacts du rendez-vous, puis un appel à l'heure dite pour confirmer qu'il était bien en place. Je l'imagine un peu stressé par mes quelques minutes de retard, mais en le voyant arriver, je suis tout de suite rassuré par son style vestimentaire, jean fashion un peu troué et doudoune décontractée. Comme beaucoup de jeunes de 20 ans, quoi.

Arrivé il y a trois ans d'Abidjan, capitale économique de Côte d'Ivoire, Gérald travaille comme cuisinier dans un restaurant gastronomique de Chartres. CAP tout juste en poche, il vit depuis quelques mois sa première expérience professionnelle derrière les fourneaux. « Et ça te plaît, comme boulot ?, je demande, pour faire la conversation.
- Oui, j'adore ça, cuisiner.
- C'est quoi ton plat de prédilection ?
- La cuisine française en général, surtout les plats en sauce : bœuf bourguignon, blanquette de veau, coq-au-vin...
- Tu me donnes faim ! Et c'est pas trop dur,



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