« Au début, tout est tout beau, tout rose, ça se dégrade au fur et à mesure. Le pire, c’est que tu ne t’en rends même pas compte, qu’il te dénigre et te rend malheureuse. C’était un amour passionnel, qui m’a rendue aveugle. Attends, tu anonymises, hein ? J’ai peur des représailles… »
Dans un café, à Amiens, Célia me raconte l’enfer qu’elle a vécu avec son ex-compagnon. Perversion, manipulation mentale, dénigrement, humiliation. Bref, Célia a été victime de violences psychologiques pendant cinq ans. La peur chevillée au corps, elle a encore du mal à raconter son histoire.
« Mon cerveau ne voyait plus ce qui n’allait pas. »
« Je n’ai pas eu le temps de manger, j’étais avec l’adjointe au maire de Flixecourt. On va créer un collectif de victimes de violences conjugales. Je vais prendre une ficelle picarde, tu veux un truc ?
- Un café, merci. » Elle parle vite, Célia.
Originaire de la Somme, elle part voilà une trentaine d’années étudier la musicologie en Normandie. En 2020, elle guérit de son cancer du sein. « J’avais plus de cheveux, j’étais épuisée. Constater que je pouvais encore plaire m’a fait du bien. Je me suis sentie valorisée, aimée. J’étais contente d’être amoureuse. » L’homme qu’elle rencontre est charismatique, sportif et connu dans la région. « Ce qui m’a détruite, c’est ce qui m’a séduite au départ chez lui. »
D’abord, c’est l’amour fou, « c’Ã



