« Mais on a déjà tout dit sur le sujet des centres d’appel, non ?
- Tu sais, a répondu Maëlle, je suis passée devant les locaux de Callweb, l’autre jour. J’ai discuté un peu avec les gens. Une employée m’a dit : ‘‘Je suis partie d'Intelcia parce que c'était horrible, mais ici c'est encore pire…’’ »
Après nos articles sur Intelcia l'an dernier, on pensait en avoir fini avec les centres d'appel, à Fakir. Mais voilà que fin avril, je reçois un mail, une alerte d’un syndicat sur un autre centre, à Amiens. Rendez-vous est pris dans les locaux de la CGT, en compagnie d'une salariée et d'un ancien employé de l'entreprise Callweb. Menaces, harcèlement, gavage de financements publics : ce qu'ils dénoncent rappelle étrangement les témoignages recueillis auprès des employés d'Intelcia. « Quand je vous dis que les gens pleurent, ils pleurent vraiment, décrit Sonia*, téléconseillère à Callweb depuis près de dix ans, les yeux dans les yeux. Ils arrivent ici et ils repartent en larmes, ou vont se cacher aux toilettes pour pleurer. Parfois, on vient même nous chercher aux WC ! Un jour un conseiller a carrément déféqué dans la poubelle parce qu'il n'avait pas le temps d'aller aux toilettes ! Il a fait dans la poubelle à côté de son poste de travail, une petite poubelle de bureau comme ça… », elle me montre l’objet, à deux mètres de moi.
Callweb, c’est l’un de ces innombrables c



