"Oh ! Punaise ! Mais c’est quoi, ça ? C’est qui, ce type-là ? "
Entre Nîmes et Alès, notre Berlingo venait de doubler une file de camions à l’arrêt. La pluie coulait sur le pare-brise, et entre deux allers-retours des essuie-glace, au milieu de nulle part, dans un paysage de boue et de béton, on découvre ça : un tableau géant.
"C’est qui, ce gars-là ? on se renseigne.
- C’est un vieux monsieur qui s’appelle Marcel, Marcel Sanchez, un maçon à la retraite, d’origine espagnole. Il a 77 ans, et il passe ses après-midis ici.
- Mais alors, comment le peintre l’a choisi lui ?
- Eh bien, il a regardé son visage, il a vu qu’il contenait les douleurs, les fatigues de la vie. Regardez. Et puis aussi, dans sa moustache, dans son oeil, comme une lumière, comme un sourire..."
J’étais ému.
"Hier matin, reprenait Dédé, Gilet jaune de Dions, les toutous de Macron sont venus tout démonter, on a préféré brûler notre cabane nous-mêmes. Mais la toile, on l’a sauvée !
- C’est un peu votre totem ?
- Voilààà !" s’écria un choeur.
C’est le meilleur de l’art, non ?
De venir s’installer, comme ça, au milieu des hommes, de tirer une figure inconnue du néant ? Et que tous s’y reconnaissent, que tous en ressentent une fierté ? C’était un peu une mise en abyme de notre film. Du coup, j’entamais un discours :
"D’habitude, dans la peinture, ce sont les saints, les roi
"D’habitude, dans la peinture, ce sont les saints, les roi



