« J’ai la gorge nouée, juste en te parlant. J’ai peur, je n’ai pas envie de retourner travailler. » Sylvie (son prénom a été modifié) a du mal à avaler sa salive. Sa respiration se précipite.
Depuis neuf ans, cette quinqua travaille, ou plutôt travaillait, en tant qu’aide à domicile dans l’ouest de la France, dans une société privée de service à la personne, Vitalliance. Mais en décembre 2025, Sylvie explose, épuisement professionnel, jusqu’au burn out. Elle nous avait contactés par message. Pour elle, c’était un « SOS ». « je devais raconter ce qui se passe dans le médico-social. » Aujourd’hui, elle est arrêtée, et suivie en hôpital psychiatrique. Au moins, elle peut prendre un peu de temps pour qu’on discute...
« Un verre de rhum pour m’assommer »
« Je suis en hôpital psychiatrique de jour le mardi, mercredi et jeudi. Ça me fait du bien. Je vois des psychologues, des psychiatres, des coachs sportifs…
- Mais comment tu en es arrivée là ?
- À cause d’un quotidien stressant. À force de travailler douze heures d’affilée. Parfois je faisais 48 heures de travail en à peine quatre jours. Je ne mangeais plus, ne dormais plus. » Elle l’avoue à demi-mot : « J’ai même sombré dans l’alcool. Je prenais un verre de rhum le soir pour m'assommer et dormir. Ça ne fonctionnait même pas, mais ça permettait d’oublier. » C’est à ce moment-là que son corps



