Fakir: Vous éitez au Parti Socialiste, en 1981? Ou proche du parti Communiste?
François Morin: Non, j'étais surtout un universitaire. J'avais publié des travaux sur les nationalisation, sur les banques, et comme jeune économiste qu'on m'a appelé suite à une tribune parue dans Le Monde. A partir de juin 1981, j'ai travaillé comme "conseillé technique au secrétariat d'État en charge de l'extension du secteur public", donc auprés de Jean Le Garrec qui était directement rattaché à Matignon.
Fakir: Quel était l'objectif de ces nationalisations
François Morin: La gauche s'était trop souvent heurtée au "mur de l'argent"- avec des financiers qui serraient les cordons de la bourse. Aussi, le Programme commun l'indiquait clairement : la distribution du crédit est trop importante pour qu'on laisse des pouvoirs privés en tenir les leviers. Ça devait donc revenir aux mains du peuple souverain, c'est-à-dire de l'Assemblée.
Fakir: On allait donc nationaliser toutes les banques?
François Morin: Vous posez la question clé: quelle ampleur donner à ces nationalisations? La France comptait alors 400 banques environ. En enlevant les banques étrangères et les mutuelles, il en restait à peu près 250. Le Parti Communiste et la gauche du PS, souhaitaient qu'on les nationalise toute - ou presque toutes.
En face, il y avait notamment Jacques Delors. Lui avait reçu tous les banquiers, il tenait à rassurer la finance internationale - et donc, dans son avant proj
Nationaliser les banques…
En été 2009, Fakir avait rencontré François Morin. Il avait espoir que la crise donnerait au PS de l’audace… C’est loupé.
En 1981, Mitterrand et ses « camarades » arrivent au pouvoir et promettent de « nationaliser le crédit ». Recruté comme « conseiller technique », l’économiste François Morin assiste à cette expérience en première ligne. Et au bataille des deux gauches.
De l’intérieur, il nous raconte aujourd’hui cet épisode. En montre les limites. En tire surtout des leçons pour la crise présente.
Publié le 15 mai 2017
Articles associés
Pour ne rien rater, inscrivez-vous à la
NIOUZLAITEUR
Les plus lus
Fakir vous emmène au théâtre! Parce que c’est une pièce, qui s’est jouée au tribunal correctionnel de Paris pour le procès de Bernard Squarcini, accusé…
La victoire est possible : c’est une chance, une accélération de l’Histoire, comme il s’en offre parfois.
Au moment où bénéfices et dividendes battent tous les records, Macron, Attal et Le Maire ont eu une idée géniale pour trouver de l’argent, et…
Ils étranglent les clients – les Français. Ils étranglent leurs propres salariés, leurs gérants. Ils étranglent leurs fournisseurs. Ils étranglent, même, les comptes publics. Tout…
« Poules », « moutons », « bétail », « troupeaux », « machines »… Les professionnelles de la petite enfance ne sont pas tendres avec nos bouts de chou. Peut‑être parce qu’elles sont elles‑mêmes…



