Il est quatorze heures trente, jeudi 13 novembre, quand Mehdi Kessaci, vingt ans, s’écroule en pleine rue, criblé de balles. Son grand frère, Amine Kessaci, vingt-deux ans, est une figure connue localement pour son combat contre le narcotrafic. Pour le procureur de Marseille, Nicolas Bessone, Mehdi a été tué « pour faire taire vraisemblablement son frère ». L’hypothèse d’un assassinat d’avertissement est la piste privilégiée, à ce stade, par les enquêteurs. Le 29 décembre 2020, Amine avait perdu un premier frère, Brahim, vingt-deux ans, retrouvé calciné dans une voiture. Victime du trafic, déjà.
L’État recule, la mafia s’engouffre
Ce 13 novembre, c’est un nouveau cap qui est franchi. Mehdi Kessaci était totalement inconnu des services de police. Il s’apprêtait à passer les concours pour devenir gardien de la paix. Mehdi a vraisemblablement eu le seul malheur d’avoir un frère militant, fondateur de l’association Conscience, pour venir en aide aux habitants des quartiers populaires contre le trafic de drogue. Les premières victimes du trafic, rappelons-le, ce sont les habitants, les mères, les pères, les sœurs, les frères, endeuillés. Le ministère de l’Intérieur recense 110 morts et 341 blessés dans les violences liées au narcotrafic en 2024, dont 20 homicides à Marseille. C’est une loi que l’on observe partout, systématique, quasi physique, quand l’État recule, abandonne des pans entiers de son territoire



