« Les gens qui sont là depuis 30 ans ne comprennent pas : ils sont démunis. » Ces « gens-là », elle en fait partie, Corinne. Voilà 35 ans déjà qu’elle travaille à l'hypermarché Carrefour de Bourges, dans le Cher. Et en 35 ans, elle a vu la situation se détériorer. « Tout le monde s’en va. Les anciens, il y en a plein qui sont partis, ils en peuvent plus. Ils embauchent des jeunes, mais qui ne restent pas longtemps quand ils voient ce qu’il se passe... » Mais du côté de la direction de Carrefour, tout est calculé, selon elle : « Ils disent que leurs magasins ne produisent plus de bénéfices, qu’ils n’arrivent pas à les redresser… Mais en fait, ils dégradent le magasin pour ensuite dire qu'il n'y a pas d’autre choix. » Le choix ? Celui qu’a fait Carrefour de passer son hypermarché, à Bourges, en location-gérance (un système dont on vous racontait les dégâts et travers dans notre dossier, ici) : localement, le géant de la grande distribution confie la direction de son magasin à des indépendants. En contrepartie, c’est à ces derniers que revient l’encombrante gestion de la masse salariale, dont Carrefour cherche à se débarrasser. Bref, ils récupèrent les inconvénients, tout en restant redevables envers l’enseigne.
« Renégocier » ce qui était pourtant acquis
Sans compter les menaces sur les acquis sociaux des salariés, comme me le fait comprendre Corinne : « Au bout de quinze mois, on d



