« J’ai fait une cinquantaine de pharmacies. Pas moyen de trouver mon médicament, de la paroxétine. C’est un antidépresseur. » À l’autre bout du fil, Aline ne cache plus son épuisement. Depuis l’été dernier, cette quadragénaire cherche désespérément cet antidépresseur qu’elle prend quotidiennement. Le laboratoire Zentiva, qui le produisait jusqu’alors, n’a plus de stock.
Faute de mieux, Aline accepte un médicament équivalent, fabriqué par un autre laboratoire. Même molécule, lui assure-t-on. « Mais mon corps ne suivait pas. J’avais des sueurs nocturnes, des insomnies, des contractures musculaires… Je sentais bien que ça n’allait pas, pourtant la molécule était censée être la même. » Sa psychiatre évoque alors les excipients - ces substances qui accompagnent le principe actif - susceptibles d’expliquer ces effets indésirables. La solution ? « Je devais prendre d’autres médicaments pour diminuer les symptômes parasites. Mais il n’était pas question pour moi de prendre des traitements en plus. »
En arrêt longue maladie depuis 2019, Aline prend aujourd’hui un comprimé par jour, 20 mg d’antidépresseur. Sage-femme à l’époque, ses crises d'angoisse surviennent après un accouchement traumatisant qu’elle pratique. Elle perd toute confiance en elle, en son équipe et même en l’hôpital. Depuis, les antidépresseurs lui permettent de tenir. à condition d’en trouver…



