« J’habite à Charly, au sud de Lyon. Tu connais ? Ben on est nous aussi concernés par l’arrêté préfectoral qui recommande de ne pas consommer la chair et les œufs de nos volailles domestiques.
- Attends... Comment ça ? Tu ne peux même plus consommer tes propres œufs ? »
Je suis abasourdie par les propos de Lucas.
Comment en est-on arrivé là ?
Comment les Pfas, ces polluants éternels, ont-ils pu polluer à ce point les sols et l’eau de la Vallée de la chimie, la zone industrielle du sud de Lyon ?
Lucas est co-fondateur du collectif « PFAS contre Terre », et lutte comme deux cents riverains contre les entreprises Arkema France et Daikin Chemical France, deux mastodontes de l'industrie chimique : lundi 2 février, ils annonçaient les assigner en justice devant le tribunal judiciaire de Lyon en « réparation de préjudices ». 192 requérants dont 25 mineurs réclament chacun 190 000 euros, soit 36,5 millions au total. Aux côtés des citoyens, PFAS contre Terre, donc, mais aussi des collectifs dont Notre Affaire à Tous, et un cabinet d’avocats, pour mener ce que le collectif désigne comme « la plus importante action civile en justice d'Europe »…
La Vallée de la chimie, carrefour de la contamination aux PFAS
À Pierre-Bénite, où se situent les deux usines, le paysage est marqué par la chimie. « Les usines sont juste à côté l’une de l’autre, très proches du c



