« Le paysage était chaotique, le ciel était gris, il neigeait. C’était vraiment sinistre. » Yann Rivoallan s’est rendu en Pologne il y a trois semaines. Sur Internet, il avait vu que Shein y construisait des entrepôts. « Je voulais voir de moi-même l’ampleur des constructions. » Et apparemment, c’est énorme. « Les entrepôts font la taille de cent terrains de foot ! Cinq fois plus grands que ceux d’Amazon ! », s’exclame-t-il.
Yann, c’est le président de la Fédération française du prêt-à-porter féminin. Au téléphone, il m’explique la stratégie européenne de Shein. Ces entrepôts, en plus d’être impressionnants, sont aussi stratégiques : ce hub géant qui sort de terre en Pologne permet « à l’entreprise chinoise d’éviter de payer la taxe sur les petits colis. »
La taxe sur les petits colis contournée par Shein
Retour en arrière : pour enrayer l’afflux de colis à bas coût, la taxe sur les petits paquets votée par la France est entrée en vigueur le 1er mars. Une taxe de deux euros sur les colis aériens en provenance de plateformes comme Shein, Temu ou encore AliExpress. Mais voilà : la taxe à peine appliquée, les géants du e-commerce ont déjà trouvé un moyen de la contourner. C’est que l’Europe, elle, n’a pas voulu protéger son économie des plateformes chinoises.
Leurs marchandises transitent donc désormais par la Belgique, les Pays-Bas ou la Pologne, dans ces pays où la tax



