« C'est un peu le stress pour aller au boulot le matin, c’est sûr. Mais c'est rien par rapport à mon pote Sébastien, de Cherbourg. Lui, il doit se lever aux aurores pour venir bosser à Caen, je te dis pas l'angoisse ! »
Un soir, en rentrant du travail, Mathieu, un copain du quartier, me parle du déraillement d'un train de marchandises à Carentan, dans la Manche, mi-janvier, et des conséquences sur son quotidien. Jusqu'à début mars, il a dû composer avec les horaires perturbés de ses trains habituels. Mais pour son pote Sébastien, qui habite près de Cherbourg, c'était deux mois de vraie galère... « Au début, j'ai fait le trajet en voiture, mais c'était compliqué et fatigant, me raconte Sébastien au téléphone. Puis la SNCF a mis en place des autocars, mais avec des départs uniquement à 4h49 et 5h49 au début. J’ai dormi chez de la famille à Caen, j'ai aussi demandé un jour de télétravail en plus... Au total, le trajet seul prenait une heure quarante-cinq, soit une heure et demie de transport supplémentaire par jour. En plus, on n’était pas toujours dans des cars de luxe : les cars scolaires, ça bouge ! Et beaucoup de voyageurs devaient faire la route tous les jours... »
« On joue avec le feu… »
J’étais un peu passé à côté, même si ça avait fait beaucoup de bruit localement, en Basse-Normandie : le 11 janvier 2026, un train de fret déraillait près de Carentan, paralysant la partie ouest de la ligne Ro



