« Moi ça va faire vingt ans que je fais le ménage à la raffinerie, Catherine ça fait quarante ans. Et on ne vaut que quinze balles d’augmentation ? Même pas un week-end de vacances ? Et pour venir bosser, pour payer l’essence qui a augmenté, on fait comment ? Nos salaires ne suivent pas. On ne nous écoute pas, on est invisibles. » Devant la raffinerie TotalEnergies de Donges (Loire-Atlantique), le soleil cogne. La fumée sort des longilignes cheminées. La sono crache du Céline Dion et du France Gall, Ella, elle l’a. Sur le barnum, la banderole résume la situation : « GSF s’enrichit, les salariées s’appauvrissent. » GSF, c’est le sous-traitant pour le ménage de la raffinerie TotalEnergies.
« En quarante ans, j’ai dû avoir 100 euros d’augmentation, et encore. »
Les salariées sont là : Marie-Claire, Henda, Orlane, Isabelle... Sur les douze femmes de ménage, elles sont dix à faire grève. Henda a les traits tirés. « On est dans la quatrième semaine de grève, ça commence à être dur psychologiquement. Ce qu’on nous a proposé est humiliant. » La proposition du groupe ? Quinze petits euros d’augmentations : l’ogre propose de balancer le reste de ses miettes… Debout à côté d’elles, Catherine. Elles sont les deux premières à être arrivées sur le piquet. « En quarante ans que je suis là, que je bosse pour la raffinerie, j’ai dû



