Fakir : On vous a souvent entendu dire que le féminisme ne peut pas être dissocié des luttes sociales, d’une lutte des classes. On se trompe ?
Rachel Silvera : Aujourd’hui, le féminisme est à toutes les sauces. C’est devenu un produit marketing. Mais si on n’inclut pas la question de la classe sociale, le féminisme sans lutte des classes, c’est du féminisme washing ! Qui n’a pas ce mot-là à la bouche aujourd’hui ? Même le RN ! Marine Le Pen a gommé tout ce qui pouvait évoquer une position contre les femmes. Elle ose dire « parce que je suis une femme, je suis féministe ». Aujourd’hui, tout le monde se réclame du féminisme…
Fakir : D’ailleurs Emmanuel Macron, dès 2017, déclarait que l’égalité femmes-hommes serait « la grande cause du quinquennat ». Bon…
Rachel Silvera : Macron est en effet un bon exemple : il défend l’intérêt d’une poignée de femmes qui atteignent le top des rémunérations du CAC 40. Le phénomène de ruissellement ne s’est pas produit, du tout, avec les premières de cordée. Il faut se distinguer en intégrant genre et classe…
Fakir : On a parlé de Le Pen, de Macron… Et la gauche, vis-à-vis du féminisme ?
Rachel Silvera : Je crois qu’il faut vraiment repartir du travail, de ces millions de femmes qui bossent comme des cadres, qui ont des journées à rallonge, en famille mo



