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Contrôle qualité pour Bernard Arnault : 22,5 millions d’euros de redressement fiscal !

La main dans le pot de confiture : Bernard Arnault, le patron milliardaire du géant mondial du luxe LVMH, se voit infliger un redressement fiscal de 22,5 millions d’euros. C’est ainsi : chez LVMH on contrôle les coutures des sacs Louis Vuitton à 2 millions d’euros, et à Bercy, parfois, on contrôle les holdings…
Par Jérémy Barande / Ecole polytechnique Université Paris-Saclay.
Par Jérémy Barande / Ecole polytechnique Université Paris-Saclay.

Publié le 7 juillet 2026

On aimerait crier au coup dur pour Bernard, mais au vu du chiffre qui ne correspond qu’à 0,00017 % de sa fortune totale, Cyril, le rédac’ chef, a râlé : « Ça ne représente rien pour lui, une fois de plus ! Un café, une pinte de bière, au pire ! » Ce sont en tout 13 millions d’euros de « cotisations supplémentaires » pour 2010 et 9,5 millions d’euros au titre de l’impôt de solidarité sur la fortune, sommes non versées entre 2012 et 2015, que M. Arnault et son épouse devront verser au fisc.

Ce qui a fait tiquer la cour d’appel de Paris : l’« actionnariat complexe » de LVMH, apprend-t-on dans un article du média l’Informé. En cause : un ensemble de sociétés belges utilisées dans le cadre d’opérations financières au début des années 2010, lui servant à diminuer ses impôts en France. « La famille Arnault n’est pas présente directement au capital du groupe de luxe LVMH, mais via une cascade de holdings. Tout en haut de cette pyramide se trouve une société belge, Pilinvest », ajoute L’Informé. Et ce montage financier permet au couple de réduire leur déclaration d’impôts en France.

La décision toutefois « fera l’objet d’un recours devant le Conseil d’Etat », prévient le porte-parole du couple à l’Agence France-Presse. Selon la famille Arnault, l’administration « a procédé non à un simple contrôle sur pièces, mais à un examen de leur situation fiscale personnelle sans respecter les garanties applicables à un tel contrôle ». Il faut dire que dans les hautes sphères fortunées, un impôt n’est jamais vraiment dû tant que trois cabinets d’avocats, deux ou trois juridictions et quelques années de procédure n’ont pas été épuisés.

 D’ailleurs, l’affaire traîne depuis un certain temps : en 2020, le tribunal administratif de Paris avait donné raison au couple Arnault en annulant l’ensemble de ces impositions et pénalités, et en ordonnant la restitution des impôts payés entre 2012 et 2015 (on croit rêver). Mais, en 2023, le ministère de l’Économie, conteste cette décision. Après un passage par le Conseil d’État, l’affaire est revenue devant la cour administrative d’appel, qui finit cette fois par donner raison à l’administration fiscale…

Alors, la famille Arnault réussira-t-elle une fois de plus à profiter des largesses de l’État ?

On vous racontait déjà il y a longtemps comment tout ça a commencé, comment Bernard était devenu l’homme le plus riche de France, à Fakir. Notamment sur l’épisode fondateur de sa fortune ou encore ses débuts dans l’industrie textile. Tout a commencé dans notre coin, près d’Amiens…

C’est touchant. C’est juste un petit classeur, rouge, avec dedans des transparents. Le même que des centaines d’écoliers. Moins d’un euro chez Carrefour. Et il faut en dire la beauté, pourtant, de ce petit classeur rouge. Car voilà comment se conserve une tranche d’histoire populaire, comment est sauvé de l’oubli un drame qui, pourtant, a fait basculer des milliers d’existences. Juste un petit classeur rouge. Tandis qu’en face, ils se font bâtir des musées, ils réalisent des films sur leur success story, ils publient des ouvrages qui les célèbrent, et distordent ainsi une mémoire à leur gloire.

Notre Section Spéciale a donc sonné chez Mademoiselle Thierry, Catherine, une maisonnette aux briques rouges parmi d’autres maisonnettes aux briques rouges, avec pour signe distinctif des dentelles aux fenêtres et un autocollant « Stop la pub » sur la boîte à lettres.

Qui est cette témoin clé ?

C’est une sœur dominicaine, née au Maroc, qui s’est installée dans la Vallée de la Nièvre en 1969 et qui ne l’a pas quittée. À la fabrique de jute d’Harondel, puis à la bâcherie de Flixecourt, elle s’est faite religieuse ouvrière, à la chaîne, durant vingt-trois années. Syndicaliste à la CFDT, elle a défendu les vaincus des ateliers aux comités d’entreprise – et désormais devant les prud’hommes. Elle a assisté au premier rang à un carnage industriel, avec ses copines et copains pour victimes. Elle avait l’intelligence pour le comprendre. Elle avait la droiture pour ne pas abandonner son camp.

Tandis qu’elle nous sert le café, nous avons la conviction d’avoir trouvé notre femme : devant le Tribunal Moral, celle-là ne mollira pas. Elle témoignera sans faiblir, malgré les bataillons d’avocats alignés en face.

« C’est un prédateur. Qui nous méprise énormément. Pour lui, on n’existait pas. S’il a repris le groupe Boussac Saint-Frères, c’était pour avoir Christian Dior, mais nous il n’en avait rien à cirer.

– Quand est-ce que vous l’avez rencontré ? s’enquiert-on.

– C’était au moment de la reprise, en décembre 1984 je crois. C’était à Paris. Il y avait deux propositions de reprise : soit le groupe Férinel, Arnault donc, qui ne faisait pas de textile. Soit le groupe Bidermann. Arnault s’engageait à garder 12200 salariés sur les 15000, 1100 de plus que Bidermann.

– Donc, à l’époque, Bernard Arnault a sauvé 12200 emplois ?

– Bernard Arnault n’a rien sauvé du tout ! Tout ce qu’il voulait, c’est Christian Dior. Et Conforama. D’ailleurs, très vite, Arnault a revendu tout ce qui était dans la vallée de la Nièvre et dans la Somme. C’était pas un industriel du tout. »

Pour lire la suite, c’est ici.

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