« Ça permet d'avoir un repas complet pour pas cher ! » Il n'est que 11h00 et j'ai déjà le ventre qui gronde à en faire résonner le bureau, au journal. Pour ce lundi midi, j'avais prévu d'aller acheter mon repas dans une cafétéria universitaire, près des locaux du canard. Car aujourd'hui, lundi 4 mai 2026, c'est un grand jour : celui de la généralisation du repas à un euro à tous les étudiants. C’est toujours mon cas : voilà donc l'occasion de faire d'une pierre deux coups, manger pour pas cher et interroger les jeunes venus faire comme moi, voir ce que cette mesure va changer dans leur vie.
Me voilà devant la cafétéria Bella Ciao, petit site de restauration du Crous proche de la Fac amiénoise de sciences. Il n’y a pas foule, à cette heure-là. Derrière le comptoir, Franciane, 43 ans, me confirme le prix de mon repas.
« Pour l'instant, ça ne se bouscule pas », je lui lance.
- Là, c'est sûr que l'on est début mai, il n'y a pas grand monde. Ce qui me fait peur, c’est la rentrée de septembre. Les étudiants vont tous venir, je ne sais pas comment ça va se passer. »
« On n'est pas des robots ! »
Ce lundi, en comptant Franciane, ils ne sont que deux employés à tenir la cafétéria. En septembre, d'après elle, ce ne sera pas beaucoup plus : « Ils ne veulent pas prendre plus d'agents. Par contre, ils prennent des contrats étudiants. Généralement, c'est moins payé, et puis c'est des contrats



