C’est une étude, parmi mille autres études, qui nous le disent : mettez des sous, du budget, dans l’éducation par exemple, et vous recevrez bien plus en échange. Cette étude, c’est le Perry School Project, l’une des plus anciennes et concluantes sur le sujet :
« Au milieu des années 1960, un échantillon d’environ 130 enfants entre 4 et 5 ans issus de familles pauvres noires américaines est divisé en deux groupes de tailles à peu près identiques, un groupe expérimental (qui bénéficiera du projet) et un groupe de contrôle (qui n’en bénéficiera pas). Le groupe expérimental se voit proposer pendant deux ans un programme d’éveil et de préparation assez intense, avec deux heures et demie de classe par jour (quatre maîtres pour des classes d’environ vingt élèves) ainsi qu’une visite hebdomadaire dans la famille pour informer et former les parents. Les comparaisons disponibles quant à leurs destins scolaire et social sont éloquentes. Devenus jeunes adultes dans les années 1990, très rares sont les enfants du groupe de contrôle à gagner plus de 2 000 dollars par mois alors que c’est le cas de la majorité des bénéficiaires du soutien préscolaire. L’expérience démontre ainsi un impact de long terme considérable. Les moyens mis en œuvre par enfant dans le cadre de ce projet sont très importants (à peu près 15 000 dollars par an et par enfant), mais les évaluations aujourd’hui disponibles révèlent que les bénéfice
800 % : le plus rentable des investissements !
Les sorties répétées de Bruno Le Maire contre le « gratuit pour tous, tout le temps », nous le rappellent, s’il en était besoin : les gens comme lui ne voient l’école, l’hôpital, la solidarité nationale (que nous payons, par ailleurs !) que comme des coûts. On ne lui en veut même pas : il a été formaté comme ça.
Il est incapable de raisonner autrement.
Mais enfin, on va quand même essayer de l’instruire un peu, Bruno, notre « pire économiste de France ».
Parce que, c’est tout l’inverse : l’éducation et le social sont des investissements.
Et sans doute les plus rentables des investissements.
On l’expliquait dans Fakir (mais il n’a pas dû nous lire), il y a près de dix ans, déjà…
Publié le 20 mars 2024
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