29 juin, 8h15, Amiens.
Devant les locaux de Callweb.
« Merci pour votre article, vraiment ! Regardez, on essaie de faire bouger les choses ! Quand vous avez publié votre enquête, ça a eu l’effet d’une boule de feu au sein de la direction. Ah ouais ! Ça leur a mis un coup dans les dents ! », s’exclame une quadragénaire aux cheveux cuivrés, pour nous accueillir sur le piquet de grève, sur le trottoir, devant les locaux de Callweb. Je réponds avec une promesse : « Je passerai le mot à Camille, mon collègue, c’est lui qui a écrit l’enquête sur Callweb. »
Avec son appareil photo dans les mains, Sandrine* continue la conversation avec Lola*, une collègue. De mon côté, je jette un coup d’œil rapide à la quarantaine de grévistes, rassemblés ce matin devant le centre d’appel Callweb à Amiens. L’ambiance est calme, même si la cause de la grève justifierait pas mal de tensions : acharnement des managers, horaires épuisants, sous-effectifs, objectifs irréalistes, pas de respect du temps de vie personnel et manque de prévention santé et de dialogue avec la direction.
Réjouissant.
Pourtant, derrière Callweb, on parle de services publics qui sous-traitent leur mission. Les téléconseillers répondent pour France Travail, la Carsat (caisse de retraite) ou même Antai (paiement des amendes). Mais ici, en plus de sous-traiter, on maltraite.
« On n’a même pas d’eau à disposition. »
Intelcia, Callweb, et



