« Ma fille de 14 ans, la plus grande, elle est traumatisée. Elle pleure tout le temps. Elle m’a demandé : “Maman, qu’est-ce qu’on a fait pour vivre comme ça ?”... » Alexandra a les larmes qui montent aux yeux. Derrière elle, des banderoles sont déployées. « Samusocial de Paris en grève reconductible depuis le 23 juin ! » On est devant devant le siège social du Samusocial, dont, dans le XIIIe arrondissement de Paris. Le Samusocial, on l’oublie parfois, c’est pas un service de l’État, mais une association qui vient en aide aux démunis, aux plus défavorisés. Et même là, même chez eux, ça craque, désormais. Sur le parvis, le parking a été transformé en lieu de vie improvisé où les familles dorment, mangent, discutent et attendent. Il est 14 heures et les repas préparés pour les sans-abris continuent d’être distribués. Depuis une semaine, une partie des grévistes du Samusocial, des bénévoles d’Utopia 56 et des familles sans solution d’hébergement occupent les lieux.
« Après, ils m’ont dit de partir, avec mes enfants… »
Nathan, un travailleur social qui s’active, soupire : « Ici, on est facilement à 80 enfants sur 200 personnes. » Parmi elles, Alexandra José. Elle a 35 ans et est arrivée d’Angola en 2024. À côté d’elle, ses six enfants. « C’est dur, avec les enfants dans la rue. Une semaine par-ci, une semaine par là… Et sinon, on est dans la rue, sans solutions. Comment on expl



