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Journal fâché avec tout le monde. Ou presque.

Ali, sans-abri : « la virilité consume, parler libère. »

Assis par terre, à la sortie d’une bouche de métro à Paris, Ali regarde passer les gens, sous canicule. Lui a le temps. Le temps de se refaire le film. Avec une conclusion : faire tomber l’armure, se libérer de la virilité, du besoin d’alcool pour arriver, enfin, à parler.
Ali, sans-abri, se libérer de la virilité, parler

Publié le 4 août 2026

« La canicule, moi j’ai l’habitude. On est bien obligés de la supporter. Je reste souvent ici toute la journée, à regarder passer les gens. Ils sortent du métro, ils sont pressés. Moi j’ai le temps. Ça fait cinq ans que je suis là. Je reste ici, là-bas. C’est long les journées. » La quatrième canicule, déjà. Alors que le pays crame, que Total se gave, je retourne voir Ali. Je l’avais rencontré lors d’un reportage sur la canicule (ou la lutte des classe) en juin, peut-être la plus hardcore, niveau thermomètre, à la sortie d’un métro, à Paris. Je sors de sous terre, il est là. Assis au même endroit sur un carton, mi-ombre, mi soleil. Il me reconnaît, et me sourit.

Ali : Â« T’es revenu !
Fakir : Comment va ?

Ali : On fait aller. C’est bientôt mon anniversaire.

Fakir : Combien ?

Ali : 79 !

Fakir : Tu vas fêter ça ?

Ali : Avec qui ?

Fakir (l’air con) : …

Ali (me tend un écouteur) : Avec France Info.
Fakir : La famille, tu n’as pas de nouvelles ?

Ali : Ma famille est en Kabylie, à côté de Tizi Ouzou, mais je n’ai plus de nouvelles, non. Les gens que je connaissais sont tous partis. Le lien, je l’ai perdu…

Fakir : Il s’est passé quoi ?

Ali : Je bossais beaucoup. Dans une usine de ferraille àÂ

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