« La canicule, moi j’ai l’habitude. On est bien obligés de la supporter. Je reste souvent ici toute la journée, à regarder passer les gens. Ils sortent du métro, ils sont pressés. Moi j’ai le temps. Ça fait cinq ans que je suis là . Je reste ici, là -bas. C’est long les journées. » La quatrième canicule, déjà . Alors que le pays crame, que Total se gave, je retourne voir Ali. Je l’avais rencontré lors d’un reportage sur la canicule (ou la lutte des classe) en juin, peut-être la plus hardcore, niveau thermomètre, à la sortie d’un métro, à Paris. Je sors de sous terre, il est là . Assis au même endroit sur un carton, mi-ombre, mi soleil. Il me reconnaît, et me sourit.
« On a besoin de l’alcool pour parler. »
Ali : « T’es revenu !
Fakir : Comment va ?
Ali : On fait aller. C’est bientôt mon anniversaire.
Fakir : Combien ?
Ali : 79 !
Fakir : Tu vas fêter ça ?
Ali : Avec qui ?
Fakir (l’air con) : …
Ali (me tend un écouteur) : Avec France Info.
Fakir : La famille, tu n’as pas de nouvelles ?
Ali : Ma famille est en Kabylie, à côté de Tizi Ouzou, mais je n’ai plus de nouvelles, non. Les gens que je connaissais sont tous partis. Le lien, je l’ai perdu…
Fakir : Il s’est passé quoi ?
Ali : Je bossais beaucoup. Dans une usine de ferraille à Â



