La mondialisation du blé
Les Romains, Méditerranée, -500 à 500.

Des ours, des lions, des léopards, des hippopotames... Pour les jeux du cirque, toute la faune est dévastée. Un vrai massacre : l'empereur Titus inaugure le Colisée avec des combats de gladiateurs qui durent trois mois, et plus de 9 000 animaux tués. Record battu par l'empereur Trajan : pour célébrer sa conquête de la Dacie (la Roumanie actuelle), 11 000 bêtes sauvages sont saignées. Et bien sûr, pour chaque fauve qui arrive dans l'arène, ce sont des douzaines, ou des centaines d'autres, qui périssent en amont, lors de la traque ou du transport. Pour le peuple, donc, des jeux et du pain. Et du luxe pour l'élite : à cause de leur ivoire, les éléphants d'Afrique du Nord sont éliminés. Peu importe, on fera venir des cornes depuis
l'Asie, depuis Java. Se déroule alors, sans doute, la plus importante extermination
des grands mammifères.
Dire que, aux premiers temps de la République, on ne pouvait pas tuer un cerf dans l'enceinte d'un temple, par peur de contrarier les divinités ! Les Romains considéraient la nature comme l'espace sacré des dieux – et ils s'efforçaient de leur plaire, en plantant des arbres par exemple. Puis la pratique religieuse s'estompe. Les philosophies stoïcienne et épicurienne prévalent. Les cieux se vident, et l'homme devient maître de son destin. Avec un état puissant qui fait reculer ses limites : de



