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Journal fâché avec tout le monde. Ou presque.

Boualem Sansal libéré : n’oublions pas Christophe Gleizes.

Emprisonné en Algérie depuis près d’un an, l’écrivain Boualem Sansal va retrouver la liberté. Cette bonne nouvelle, tombée ce 12 novembre, ne doit pas faire oublier notre camarade Christophe Gleizes. Condamné à sept ans de prison en Algérie, Christophe est détenu depuis mai 2024 en prison pour avoir fait… du journalisme. Un reportage sur le club de foot de Tizi Ouzou. On vous remet le témoignage de son copain Barthélémy.
Christophe Gleizes

Publié le 13 novembre 2025

« Prudent mais optimiste (..). C’est notre souhait profond que Christophe retrouve les siens prochainement. Il est aujourd’hui un pion dans un jeu diplomatique qui le dépasse et en attente d’un procès en appel qui aura lieu le 3 décembre. » Suite à l’annonce de la libération de l’écrivain Boualem Sansal ce 12 novembre, Thibaut Bruttin, le directeur général de Reporters sans Frontières (RSF), alerte sur la situation de Christophe Gleizes. En prison depuis un an et demi pour avoir fait du journalisme. Plus précisément : un reportage sur le club de foot de Tizi Ouzou, dont le dirigeant est à la tête d’un mouvement classé terroriste par Alger. Pour ce reportage, pour l’idéal même du journalisme, informer librement, Christophe a été condamné le 29 juin 2025 a sept ans de prisons par la justice algérienne pour « apologie du terrorisme ». Il attend son procès en appel qui doit donc se tenir début décembre. 

Alors, on vous remet le récit de son pote, Barthélémy Gaillard, qui connaît bien Christophe, nous raconte ses passions.

Il aime raconter le quotidien de Josette, sa voisine, vieille, seule et triste, ou celui d’Al, consommateur de crack de la gare du Nord. Mais mon copain Christophe est en prison pour avoir fait du journalisme. On est devenus journalistes ensemble, on a voyagé ensemble, écrit des reportages ensemble, toujours sur le foot et beaucoup sur des pays africains. Chris n’a jamais dévié de ces deux passions. Elles lui ont valu d’être condamné à sept ans de prison en Algérie pour être venu faire un reportage sur le club de foot de Tizi Ouzou*…

La première vision que j’ai eue de Chris, y a quinze ans, c’est l’arrière de son crâne avachi entre ses avant-bras, en train de dormir dans un recoin de l’amphi.

On avait 20 ans et on étudiait à l’IEP de Lille. Enfin, moi, j’étudiais. Lui il dormait. Partout et tout le temps. Je me demandais qui était ce mec un peu étrange, qui semblait toujours tombé de son lit, et qui ne s’était vraiment réveillé qu’une fois : pour un exposé sur la Françafrique, mené avec brio. Ça n’avait rien d’étonnant : il a passé une partie de son enfance au Zimbabwe. Mais tout ça, je n’en savais rien puisque notre relation se limitait à des parties de PES 6 sur Playstation 2, où il me roustait avec son club préféré, le PSG.

La clocharde de gare de l’Est et la ville fantôme à Chypre.

Ensuite, on s’est retrouvés tous les deux un peu par hasard à l’école de journalisme du Celsa. Quand il n’avait pas un « dégât des eaux » qui l’empêchait de venir, Chris était beaucoup moins endormi en cours. Il a tout de suite pris le virus du reportage, ça se sentait qu’il avait trouvé son truc et qu’il ne dévierait pas de sa ligne, à savoir pondre 15 000 signes quand on lui en demandait 2000, raconter le quotidien de Josette, sa voisine, vieille, seule et triste, raconter celui d’Al, consommateur de crack de la gare du Nord, raconter des existences avec leurs souffrances comme si les écrire apportait un petit réconfort à ceux qui les vivent. Rien qui ne rentre vraiment dans le cadre demandé par nos profs… Alors, Chris nous a proposé, à moi et deux autres amis, de créer notre « journal », parce que « mes quiches, la qualité, ça se reconnaît toujours ». On a écrit ensemble sur les terminus de RER, sur la décharge de Dakar, sur les camps de fortune de la petite ceinture de Paris, sur une clocharde de la gare de l’Est, sur une ville fantôme à Chypre. On a tous adoré. Et ça a donné raison à Chris : la qualité, ça se reconnaît toujours. C’est comme ça qu’il a été repéré par SoFoot, où il a commencé à travailler dès sa sortie de l’école.

Lire la suite, c’est par ici : Incarcéré en Algérie : Christophe Gleizes, ses passions, sa vie, ses emmerdes…

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