« Ma famille d’extrême droite, je ne veux pas en entendre parler. J’ai mené ma vie sans eux, et j’en suis bien heureux. » Ma rencontre avec Guy dans son appartement amiénois, un matin d’octobre, c’est grâce à Stéphane Ravacley, le boulanger qui a voulu être élu député. À la fin de notre entretien, il m’avait glissé, presque comme une confidence : « Va voir Guy, à Amiens. Il a mené une grève de la faim lui aussi, pour sauver un jeune. Et toute sa vie, il a œuvré pour réparer les dégâts de sa famille. Il t’expliquera. » C’est vrai : c’est une histoire de résurrection, à venir en aide aux autres, après un abandon familial.
« Bolloré, c’était rien à côté »
Amiens, 24 octobre, chez Guy
« Besoin d’aide ? »
Guy grimace en montant les escaliers, « Mes vieux os me font défaut. » Le corps fatigué, le souffle court, il halète. « Vas-y entre, c’est ouvert. »
L’odeur de tabac et de bouquins emplit toutes les pièces.
« Je t’ai préparé du thé, assieds-toi. » Il inspire la confiance, Guy, avec ses cheveux gris et ses yeux ronds comme des billes. « Je ne souhaite pas trop parler de ma famille, il commence. Leurs idéaux d’extrême droite... J’ai appris que mes parents finançaient La Cagoule… » La Cagoule, c’est cette ligue fasciste qui sévit en France durant la Seconde guerre mondiale, en réponse à la victoire du Front populaire. « Ça ne m’étonne même pas, je comprends mieux pourqu



