Pendant l'été, on a maté un paquet de Cash Investigations, le magazine de France 2. Et on s'est dit : eh bien voilà, faut pas désespérer, Élise Lucet a réussi, elle, sur le service public, à la télévision même, à imposer une émission caustique et critique. Alors on l'a rencontrée, pour qu'elle nous conseille : comment on fait pour obtenir ça ?
Fakir : Au début de chaque émission, Elise Lucet, vous lancez un "Bienvenue dans le monde merveilleux des affaires !", et c'est pleinement ironique parce que, derrière, vous allez en révéler les coulisses, les côtés pervers, parfois même les horreurs. Et tout ça en taclant aussi, au passage, des ministres, des universitaires, la Commission, etc. Comment vous pouvez faire ça sur France 2, et en prime time cette année ?

Des mondes hermétiques
Elise Lucet : Auparavant, je faisais Pièces à conviction sur France 3 et j'en suis sortie avec pas mal de frustrations : on n'était pas assez impertinents, pas assez rentre-dedans, parfois on n'insistait pas assez. C'est-à-dire que, face à nos enquêtes, le monde des affaires dresse une véritable barrière : les communicants, qui bien souvent ne répondent pas, qui ne livrent pas d'infos, qui n'accordent pas d'entretien…
Fakir : On se heurte à eux, nous aussi… Quoique… "Heurter" n'est pas le bon mot, parce que c'est tout mou, y a pas de choc, juste des promesses en l'air, des mots creux : "Je vais en parler à Madame Unte



