Fakir : Vous avez écrit une thèse sur les « débrouilles rurales ». C’est quoi, exactement ?
Fanny Hugues : Des modes de vie populaires, économes, ruraux. C’est pas juste « je bricole le dimanche aprem quand j’ai le temps » : c’est tous les jours. Ce sont des pratiques qui reposent sur peu de ressources économiques. Le niveau de vie médian chez mes enquêtés est à 880 euros [NDLR : le seuil de pauvreté est à 1 288 euros]. En gros c’est « je me débrouille par moi-même, sans les institutions, avec mes amis, mes voisins ». Avec toujours une mise à distance de la figure de « l’assisté » : il faut se montrer autonome. Je les appelle les « modestes économes ».
Réparer, récupérer, rénover, troquer, échanger... les « débrouilles rurales » ou l'écologie populaire.
Fakir : C’est-à-dire ?
Fanny Hugues : C’est faire son potager, planter des semis, échanger des légumes avec ses voisins, troquer, bricoler, ne rien jeter, récupérer, réparer un moteur, construire sa maison soi-même, la rénover, faire son bois de chauffe pour l’hiver… Ce sont des pratiques chronophages qui demandent du temps et de l’espace.
Fakir : Erwan Ruty, auteur de L'écologie peut-elle être populaire ?, nous a parlé de la « débrouille » aussi dans les quartiers populaires, il y a des points communs, non ?
Fanny Hugues : O



