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Fanny Hugues – Les « débrouilles rurales » : petit manuel d’écologie populaire.

Bricoler, réparer un moteur, cultiver un potager, récupérer un vêtement, ne pas jeter, troquer… Toutes ces pratiques du quotidien dans les classes populaires, invisibles, ce sont les « débrouilles rurales », pour la sociologue Fanny Hugues. Une autre vision de l’écologie, populaire, contrainte par le portefeuille mais aussi morale. Et qui dessine, peut-être bien, le futur de notre société.

Publié le 11 juillet 2025

Fakir : Vous avez écrit une thèse sur les « débrouilles rurales ». C’est quoi, exactement ?

Fanny Hugues : Des modes de vie populaires, économes, ruraux. C’est pas juste « je bricole le dimanche aprem quand j’ai le temps » : c’est tous les jours. Ce sont des pratiques qui reposent sur peu de ressources économiques. Le niveau de vie médian chez mes enquêtés est à 880 euros [NDLR : le seuil de pauvreté est à 1 288 euros]. En gros c’est « je me débrouille par moi-même, sans les institutions, avec mes amis, mes voisins ». Avec toujours une mise à distance de la figure de « l’assisté » : il faut se montrer autonome. Je les appelle les « modestes économes ».

Fakir : C’est-à-dire ?

Fanny Hugues : C’est faire son potager, planter des semis, échanger des légumes avec ses voisins, troquer, bricoler, ne rien jeter, récupérer, réparer un moteur, construire sa maison soi-même, la rénover, faire son bois de chauffe pour l’hiver… Ce sont des pratiques chronophages qui demandent du temps et de l’espace.

Fakir : Erwan Ruty, auteur de L'écologie peut-elle être populaire ?, nous a parlé de la « débrouille » aussi dans les quartiers populaires, il y a des points communs, non ?

Fanny Hugues : O

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