« J’en ai encore la nausée. Je suis pas bien, depuis samedi… »
C’était fin mars 2023. J’étais venu rencontrer, dans la Vienne, les femmes de ménage en grève dans la centrale nucléaire de Civaux, un combat formidable, émouvant, qu’on vous avait raconté ici. Avant d’aller sur le site, le lendemain, j’étais hébergé, comme on l’est souvent à Fakir en reportage, chez d’autres gens formidables, des abonnés, Valérie et Christian. Un couple tranquille, la bonne soixantaine, je dirais.
Mais je sentais bien qu’ils n’étaient pas dans leur assiette.
Ils avaient besoin de parler, en tout cas.
Avant de rejoindre ma chambre, on avait causé, un moment.
Fakir : « Vous étiez à la manif, ce week-end, c’est ça ?
Chrtistian : Oui, oui… Tout avait bien commencé, pourtant. On avait rendez-vous dans un champ mis à disposition par un cultivateur, à quelques kilomètres de Sainte-Soline et du site de la bassine. Plein de gens, des milliers, s’étaient réunis là. Il y avait du monde, des jeunes, des enfants… On est partis vers 13h, on a fait dix kilomètres à pied, à travers les champs, pour arriver sur le site. Plusieurs cortèges se sont rassemblés. Il était 15h. Et là, on s’aperçoit qu’on était combien ? 25, 30 000 ? C’était vraiment énorme. Tout le monde est arrivé sur place, il n’y avait aucun barrage en amont, c’était simple.
- Et donc ?
- Une fois sur place, on



