« Bonjour Fakir, je voulais vous envoyer mon témoignage. Mon mari a eu Alzheimer à l'âge de 50 ans. Nous avons trois fils dont deux étudiants. Après des années de galère à tout gérer, des aides au compte-gouttes et un burn-out, j'ai pu retrouver un peu ma vie car il a enfin été placé en Ehpad. Il touche l'AAH. Mais du coup je n'ai droit à rien, même pas la prime d'activité... » Je bois les premières gorgées de café, brûlantes, les meilleures de la journée, les yeux écarquillés par ce qui va suivre. « Suite à un contrôle hyper violent, la Caf me réclame 16 000 euros car j'ai touché RSA et la prime d'activité pendant deux ans suite à son départ en Ehpad. Je n'y avais apparemment pas droit... » Dans quel pays, quand son mari est gravement malade et qu’on doit rester à son chevet pour l’aider, on doit rembourser le RSA ? Après quelques échanges, Mathilde se lâche. « Je bosse beaucoup, je suis autoentrepreneur. Une chti ne se laisse jamais abattre, telle est ma devise ! Mais là... Je suis vraiment fatiguée... La politique actuelle est juste IGNOBLE avec les plus fragiles. Voilà, le seul mot qui me vient c'est violence. Violence sociale. »
« Le seul mot qui me vient c'est violence, violence sociale. »
Je me dis que la violence sociale, c’est bien le thème de cette rentrée, ce que j’ai entendu partout, sur les ronds-points le 10 septembre, dans les cortèges le 18. Pourtant des témo



