« On ne peut pas enlever le moteur de la voiture, et dire que la voiture va rouler. On est quatorze femmes de chambre. Ils veulent supprimer dix postes. On ne serait plus que quatre pour… 300 chambres. Donc on ferait quatre-vingts chambres, chacune ? Sachant, en plus, que le groupe est en train d’acheter un hôtel de luxe dans Paris ? Je ne comprends pas. » Je retrouve Kandé Tounkara devant l’hôtel Campanile Suresnes – La Défense (Hauts-de-Seine), en bleu de travail, charlotte sur les cheveux. On a fixé le rendez-vous sur sa pause-déjeuner, seul moment où elle ne court pas. On va s’attabler au PMU du coin de la rue, je commande un café, Kandé fait le ramadan. Après vingt-sept jours de pluie discontinue, le soleil est de retour, la lutte aussi.
- Fakir : « J’avais suivi votre grève de neuf mois, en 2024, vous aviez gagné, non ?
- Kandé Tounkara : Oui, on a gagné le 19 août 2024, après neuf mois de lutte. On a obtenu des temps complets pour les femmes de chambre.
- Et c’est reparti pour un tour, du coup ?
- Oui le groupe Louvre Hotels vient d’annoncer 210 suppressions d’emplois, dont dix postes de femmes de chambre ici…
- Vous êtes combien, actuellement ?
- On est quatorze. Donc on ne serait plus que quatre…
- Pour combien de chambres ?
- Pour 300 chambres à faire par jour ! On aurait chacune quatre-vingts chambres par jour...
- Mais c’est possible ?
- Il y



