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Journal fâché avec tout le monde. Ou presque.

Malgré les galères, le sourire de Sylvain, auto-stoppeur bûcheron.

En prenant Sylvain en stop ce matin-là, je ne pensais pas en apprendre autant sur le paysagisme. Ni sur la capacité de certains à rebondir face à la dureté du monde du travail…

Publié le 25 février 2026

« Pendant quinze ans, j'ai travaillé tous les jours, même les week-ends. À cause de ça, je suis passé à côté de beaucoup de choses dans ma vie personnelle. Si c'était à refaire... »Au bord d'un rond-point à la sortie de Caen, il fait encore noir, ce matin-là vers 7h30, quand j'aperçois un auto-stoppeur. La quarantaine, barbe taillée grisonnante, casquette noire sur le crâne, mine sombre, l'homme n’a rien de franchement avenant. Mais je ne suis pas pressé, et seul dans ma voiture, alors je m'arrête, baisse la vitre sans trop réfléchir. « Vous allez où ? » « Argentan. Y a pas de train avant 11h00, alors... » « Allez, montez ! »

Sylvain s'assoit côté passager et me tend la main. Elle me paraît énorme, sa paluche, alors que lui est de corpulence moyenne. Je me dis qu'il doit être artisan, ouvrier, travailler de ses mains. « J'aurais pu attendre le train, mais y a deux changements jusqu'à Argentan, j'y aurais passé la journée. Dès qu'on sort du département, c'est la galère niveau transports en commun.
Fakir : Ouais, hors agglomération, c'est compliqué sans voiture.
Sylvain : La mienne, c'est le joint de culasse qui a lâché, et ça coûte un bras à réparer.
- Et le stop, ça marche encore ?
- Pas trop mal. Là, ça faisait quoi, 20 minutes que j'attendais. J'essaie de bien présenter, même si là j'ai la casquette, à cause de la pluie.
- T'étais là pour le week-e




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