« Ils nous réveillaient à cinq heures du matin en nous criant dessus. On était entassés sur des lits gonflables, pas d’électricité, pas d’eau chaude. On partait à dix dans une petite fourgonnette, direction les vignes. On était comme des esclaves, comme des animaux. » Sambake me raconte ça d’une voix calme. Tout était parti du fond d’un salon de coiffure, au milieu de coiffeuses en grève, de mannequins et de perruques de toutes les couleurs. Jean-Albert, veste en cuir, vieux loup de mer, me met au parfum. « Tu sais, si tu t’intéresses aux luttes des travailleurs sans-papiers, j’ai une sacrée histoire à te raconter... »
« S’il y avait eu un incendie, ils y seraient tous passés. »
Accrochez-vous bien. « Ça s’est passé à Nesle-le-Repons (Marne), en septembre 2023. On a été alertés par des voisins. Je me rappelle quand j’ai reçu l’appel, j’étais dans la voiture pour la fête de l’Huma. On est descendus en Champagne avec Michel, pour aller constater par nous-mêmes. » Le fameux Michel, assis lui aussi à côté de moi dans le salon de coiffure, opine du chef. Jean-Albert et Michel, c’est Dupond et Dupont, Tic et Tac de la lutte syndicale.
Michel : « C’était une cinquantaine de travailleurs étrangers, parqués, qui bouffaient de la viande avariée, il y en a un qui avait dû être hospitalisé.
Fakir : C’est quoi le point



