« La décision du tribunal nous a bien refroidis. On a bossé comme des acharnés sur le projet depuis des mois, on était confiants… » Séverine ne perd pas espoir, malgré la douche froide : « On n’a pas fait tout ça pour s’arrêter là. » Mais l’ancienne salariée de Vencorex cache mal son incompréhension...
On rembobine. Jusqu’en 2024, Séverine travaillait pour Vencorex, une usine de chimie près de Lyon, avant que celle-ci ne soit placée en redressement judiciaire.
On vous avait raconté en partie cette histoire dans notre dossier, Le combat du siècle : Scops vs. Multinationales. Et c’était un bon exemple du sujet, une bonne illustration d’un Etat qui laisse ses boîtes mourir…
« J'ai transmis votre correspondance… »
« J'ai laissé mon 06 sur les courriers - ce que je ne fais jamais d'ordinaire - mais là je l'ai fait pour qu'on accélère un peu les choses. J’attends les ministres, qu’ils viennent. Mais je n’ai aucun contact. J’aimerais juste un signe, quoi ! » Ce n’était pas un syndicaliste CGT, ou un gréviste de Sud, qui interpelait ainsi le gouvernement, à l’automne 2024. C’était le président de la métropole de Grenoble, Christophe Ferrari, qui implorait nos ministres d’aider Vencorex, une entreprise chimique d’électrolyse, stratégique, 450 salariés menacés, et 6000 emplois induits dans la région, en amont et en aval. Michel Barnier, alors Premier minis



