« Je dors dans un parking, je suis en hamac, je ne touche pas le sol. Avec un bon duvet, t’es en intérieur, à l’abri du vent.» En écoutant la radio ce matin, je me suis rappelé Bud, 25 ans, rencontré dans une rame de métro. Son sourire, son franc-parler. Et notre discussion avec Tonton, son acolyte. Tous les deux dorment dans un parking, donc. Ils font partie des 350 000 oubliés qui dorment chaque soir à la rue en France, comme Sofiane, qui nous racontait aussi son histoire, ici.
Bud : « Le problème, c’est Airbnb. Il y a des coins où Airbnb c’est 70 % des logements. Les gens ne peuvent pas se loger là où ils bossent. Et aussi, ils ne construisent plus assez de logements sociaux.
- Tonton : Et il y a des immeubles entiers pas habités : ça pourrait servir. La priorité, ça devrait être de donner de la place à ceux qui n’en ont pas, réquisitionner les immeubles quand il y a personne dedans. »
Bon. Je bois un grand café, plus qu’allongé, et je me frotte les yeux en découvrant les chiffres du 31erapport sur l’état du mal logement en France, publié chaque année par la Fondation pour le Logement des Défavorisés (anciennement Fondation Abbé Pierre). On vous met ici quelques-uns des chiffres les plus fous du rapport, pour vous épargner les 347 pages que Clément, à la com, a dépiautées :
- Près de 600 000 personnes sont hébergées chez un tiers dans ce pays (+ 15 % en 7 ans).
- 350 000 personnes survive



