1er mai 2012
L'hommage
En pleine campagne, entre les deux tours de la présidentielle, François Hollande ne défile pas dans les cortèges de manifestants. Il se rend à Nevers, pour un hommage à l'ancien maire de la ville, le Premier ministre Pierre Bérégovoy, qui s'est suicidé le 1er mai 1993. Le candidat socialiste salue l' "ouvrier, homme d'état, grand serviteur de la République", mais, nous dit Libération, "plus que de la victoire de la gauche, c'est de 1984 dont il parle, quand Bérégovoy, nommé au ministère de l'économie, a dû engager “le redressement de la France, rongée par les déficits et l'inflation”. Quand l'ancien ajusteur-fraiseur est devenu “l'homme qui savait gérer”. Un portrait posthume qui vaut promesse s'il l'emporte dimanche", conclut le quotidien. Et le porte-parole de sa campagne, Bernard Cazeneuve, aujourd'hui ministre du Budget, ajoute : "Bérégovoy a compté dans l'histoire de la gauche. C'est lui qui a réconcilié la gauche et le réalisme."
C'est plus qu'un signe. Comme père spirituel, François Hollande avait déjà Jacques Delors, le grand artisan du renoncement, dont il fut un proche à la tête du club des Témoins. Mais voici qu'avant même son entrée en fonction, comme inspirateur peu inspiré, il choisit le gentil Béré, le socialiste qui a libéré les marchés financiers, qui avait de l' "austérité" plein la bouche, qui est devenu un béni-oui-oui du franc fort. Car Pierre Bérégovoy, et qu'importe


