École Marie-Curie (Bobigny)
*Véronique, directrice.
Le syndrome de Stockholm*]
"Il paraît que vous avez été séquestrée ?
— Oui, sourit Véronique, la semaine dernière, par une mère excédée de l'absence de remplaçant pour la classe de sa fille."
Véronique, instit militante, syndiquée à SUD, souffre du syndrome de Stockholm : elle aime ses geôliers, elle les réclame presque, ces prises d'otages. De quoi faire pression sur la hiérarchie.
"Le matin, la maman me demande : “Qu'est-ce que je peux faire ?” Je lui dis : “Appelez l'administration.” Elle a appelé directement le ministère de l'éducation nationale, qui l'a traitée comme un chien. Je vais à l'inspection académique, justement, vous me suivez ?"
Je l'accompagne sur le parking. "Donc, la maman d'Énora revient à 13 heures, bouleversée. Faut préciser que l'instit était déjà tombée malade en janvier et n'avait pas été remplacée. Les instits s'étaient mis en colère. Du coup, ils avaient pris un remplaçant dans une autre école et l'ont mis chez nous de force. Un gars très sympa d'ailleurs, bosseur. Au bout d'une semaine, il chope la grippe. Il s'est arrêté le minimum, deux jours, mais les parents étaient déjà à s'évanouir d'horreur !
"Le problème, elle analyse au feu rouge, c'est qu'au tout début de l'année scolaire ils ont utilisé les remplaçants titulaires pour ouvrir de nouvelles classes. Il manquait 250 personnes dès le jour de la rentrée. Donc, après, ils



