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Journal fâché avec tout le monde. Ou presque.

Le blouson d’Artura

Un ego de dingo, un orgueil de géant : il lui fallait bien ça, à Arturo Bandini, pour passer de sa mouise, de sa conserverie, de ses maquereaux puants, au monde enchanté de l’écrivain…

Publié le 4 octobre 2013

Quand Mathilde, notre metteuse en page, a débarqué à Fakir, elle portait un blouson noir avec inscrit dans le dos, à la peinture blanche, " Artura Bandini ". " C'est qui, ça ? j'ai demandé. — Oh pfff, c'est le héros de Demande à la poussière, un roman de John Fante. — Ah oui. " J'avais lu ça en anglais, Ask The Dust, et ça ne m'avait pas marqué. À vrai dire, j'avais sûrement pas tout compris. " Et pourquoi t'as écrit ça ? — Ben tu vois, j'ai passé des années à squatter chez les uns chez les autres, sans un rond, à devoir des loyers, et je me sentais une merde, et j'en étais presque, chaque fois que j'entrais dans une pièce, à m'excuser, à m'excuser d'exister. Et puis j'ai lu Demande à la poussière, et ça m'a libérée. Lui aussi, Arturo, il est totalement dans la dèche, mais ça ne l'abat pas, il doit du pognon à tout le monde, et il s'en fout, et il les envoie chier, parce qu'au fond il se sent supérieur, avec son orgueil dur comme un roc. Alors, j'ai décidé de devenir Bandini. Et pour ne pas oublier que, désormais, je suis Bandini, je l'ai écrit sur mon blouson. " Et la thérapie fonctionne : elle envoie chier du monde, je peux confirmer, Artura.
À l'automne, chez mon libraire préféré, je suis tombé sur une nouvelle de Fante, " 1933 fut une mauvaise année " (dans le recueil L'Orgie), et c'était du pur bonheur que ce sale malheur. Alors, j'ai commandé tout Fante, peut-être parce que, au mi

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