
Ils sauveront les banques avec nos retraites. Ils solderont les routes, les îles, les jardins publics au plus offrant. Ils spéculeront sur nos maisons, notre santé, notre éducation. Ils mettront, à force de stress, la moitié des travailleurs sous antidépresseurs – et l'autre moitié au chômage. Ils lèveront des impôts sur nos égouts, nos chaussettes, notre haleine – plutôt que de toucher à leurs bénéfices.
Ils raseront les forêts. Ils videront les mers des thons, des baleines, des sardines. Ils
pressureront les roches. Ils feront fondre les pôles. Ils noirciront l'Alaska. Ils réchaufferont l'atmosphère jusqu'à ébullition. Ils nous vendront un air coté en Bourse. Ils affameront des continents.
Le doute n'est plus permis : qu'on les laisse faire, et tout ça ils le feront. Voilà leur
programme pour ne rien changer, ou si peu. Pour préserver leurs privilèges, leurs
dividendes, leurs jets privés, leurs allers-retours en classes affaires. Pour se bâtir des
ghettos sociaux, sécuritaires, climatiques – où les plus riches de nos enfants, les plus
serviles, les plus laquais, seront admis en leur compagnie. Ils nous mènent là, tout droit. Comment on va faire, alors, pour leur retirer le pouvoir – et donc pour le prendre ?
Dans ce dossier, Fakir s'essaie un petit catalogue des impasses ("attendre
l'écroulement", "miser sur les solutions locales", "cracher sur les partis", etc.) et des débuts de solutions ("ne pas cracher sur les syndicats, le



