« Maman, je veux faire du rugby! » ont crié Oumou, Inaya ou Saran.
Elles sont allées au magasin, ont acheté une tenue, des crampons. Et sont arrivées sur un terrain tout neuf, avec des beaux vestiaires.
Non, en vrai, ça ne s’est pas passé comme ça.
C’est une autre histoire, à Limoges, dans le quartier populaire du val de l’Aurence, qu’on est venu filmer.
Nicolas est ouvrier thermo formeur plastique dans une usine près de Limoges. Aurélie est éducatrice spécialisée dans le handicap. Kenza est à la protection de l’enfance.
Deux fois par semaine, ils viennent chercher les filles à la sortie de l’école primaire pour les emmener jouer au rugby. Ils placent les bijoux dans une petite boîte vite oubliée, recherchent les chaussures aux pointures mélangées, apportent l’eau jusqu’au terrain, puis courent, lancent les ballons et réclament davantage de passes.
Enfin ils les raccompagnent au bas des tours, dans le quartier.
Et ainsi de suite.
Ce sont les bénévoles qui ne comptent pas leurs heures.
Ce sont des filles qui gagnent en confiance.
« Y avait énormément de filles qui ne faisaient pas de sport… qui demandaient qu’un seul truc : c’est exister. Nous, c’est à travers le rugby qu’on leur a proposé d’exister », me raconte Aurélie.



