Si l'on en croit les sondages, 84 % des Français jugent que "l'ouverture des frontières" a des "conséquences négatives" sur l'emploi. 45 % considèrent l'euro comme "un handicap" pour notre pays, contre 34 % comme un atout – tandis que 65 % des ouvriers souhaitent un retour au franc. Une immense majorité, 88 %, juge que "le capitalisme fonctionne plutôt mal" et un tiers veut carrément "l'abandonner".
Mais de tout cela, on n'aperçoit, et avec grand peine, que quelques traces sur les écrans…
La machine est bien huilée. Solidement tenue. Entre de bonnes mains. Ils sont des centaines – journalistes, politologues, économistes, sondeurs, candidats aussi – à surveiller le débat comme des vigies du haut de leurs miradors. À encadrer la campagne, pour qu'elle ne dérape pas, pour qu'elle se déroule dans un mouchoir de poche. Certains le font consciemment, pour défendre l'ordre libéral. D'autres, et ce sont les nombreux, et ce sont les plus redoutables, s'y livrent en toute inconscience – par réflexe professionnel, par conformisme social, par adhésion à l'air du temps.
Et pourtant, sous les coups de boutoir du réel, ces cadres de pensée – et d'impensée – pourraient bien voler en éclats. Ils bougent déjà…
C dans l'air, 13/09/2011

Samedi 28 janvier.
Ils sont venus, ils sont tous là : à Davos, dans la station de luxe suisse. Et tous pour entonner le même refrain : "L'Europe a besoin de réformes structurelles, a déclaré la



