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Journal fâché avec tout le monde. Ou presque.

Mercosur validé, agriculteurs sacrifiés.

On le craignait, ils l’ont fait. Mais qui s’en étonnera ? Le Mercosur, l’accord de libre-échange entre plusieurs pays d’Amérique Latine (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay, Bolivie) et l’Union européenne, a été approuvé par la Commission européenne ce mercredi 3 septembre. Et le gouvernement français s’en réjouit, après avoir assuré pendant des années qu’il ne le signerait pas. Bref : les agriculteurs français sont sacrifiés contre des voitures allemandes. Nous, on s’est rappelé les témoignages de Romain, Stéphane et Bertrand…
Mercosur

Publié le 4 septembre 2025

Et dire que notre gouvernement brandit ça comme une victoire… C’est que la Commission européenne a, jurent-ils, « entendu les réserves » de la France. Sophie Primas, la porte-parole du gouvernement, s’en félicitait à la sortie du Conseil des ministres. Comprenez : on signe l’accord de libre-échange du Mercosur, aberration écologique et économique pour nos agriculteurs qui seront soumis à une concurrence avec des normes au rabais, en échange d’une vague clause de sauvegarde qui s’activera en cas de « déstabilisation » du secteur.

Il fallait s’attendre à la forfaiture. Des mois, des années que le gouvernement et Macron baladent les paysans à jurer, la main sur le cœur, que ce traité ils ne le signeraient pas, ça, jamais, promis-craché. (On vous avait raconté ici, dans notre numéro spécial, comment, aveuglés par leur idéologie, nos dirigeants étaient incapables de sortir de leur dogme du libre-échange mondial, de la concurrence du tout contre tous.) On s’en doutait qu’ils se contenteraient du moindre alinéa bidon pour signer et applaudir des deux mains. « Nous avons redit notre opposition TOTALE à cet accord de libre-échange. La France doit opposer un NON ferme et définitif. Tout pseudo « règlement » à part est un leurre !! », lâchait, en réaction, la confédération paysanne, à l’unisson des autres syndicats.

Bref : si L’UE a soi-disant entendu les « réserves » de la France, le gouvernement n’a pas entendu la colère des agriculteurs… « Ce traité sacrifie l’agriculture européenne, française, par l’importation de produits qui n’ont pas les mêmes normes que nous », nous avait raconté Romain. Derrière son tracteur, avec un t-shirt blanc aux écritures noires « Fiers de vous nourrir », il était venu manifester à Amiens, voilà quelques mois. On avait causé. « Il en faut de l’importation, mais on ne peut pas importer de la merde d’ailleurs, c’est pas possible. Ce n’est pas du tout les mêmes normes environnementales, c’est les poulets au chlore, les bœufs aux hormones, les OGM. C’est vraiment de la concurrence déloyale, on ne peut pas s’aligner en prix. On ne demande pas des primes, on demande que le marché soit stabilisé et d’être payé de nos productions. » Romain, son gouvernement l’a abandonné : « Cela va dans le bon sens » a salué le ministre du commerce, Laurent-Saint-Martin, ce mercredi. 

Pour tout dire, cette validation du Mercosur, on s’y attendait, on la craignait même depuis qu’on était allés voir les agriculteurs, en manif à Amiens, l’an passé… Lire la suite.

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